Brûlures : urgences, soins infirmiers.

Mécanismes physiopathologiques des brûlures graves

Lorsqu’une source de chaleur entre en contact avec la peau, celle-ci réagit localement mais une réaction générale peut aussi avoir lieu dans les brûlures les plus graves. En effet, lors du second stade de la brûlure, voici le déroulement des réactions de l’organisme :

  • La brûlure entraîne une modification chimique de l’eau qui permet :
    • une thermorégulation
    • une réaction inflammatoire avec potentiellement :
    • une exsudation sur les zones brûlées avec pour conséquences possibles :
      • perte d’eau, d’électrolytes et de plasma potentiellement responsable de :
        • hypovolémie avec risque de choc hypovolémique
        • oedème extracellulaire extravasculaire qui consomment énormément de calories et de protéines localement. A tel point, qu’il peut être nécessaire d’apporter un supplément calorique et protéinique à la hauteur des besoins afin de limiter la perte de poids et d’apporter à l’organisme l’énergie nécessaire à la cicatrisation des brûlures
        • anémie : lors du processus d’imperméabilisation des vaisseaux sanguins, il y a évaporation d’éléments sanguins comme les globules rouges. Cependant l’anémie peut être masquée dans un premier temps, à cause de l’évaporation qui rend le sang plus concentré
        • immunosuppression : le processus d’évaporation entraîne aussi une perte de globules blancs et d’immunoglobulines, avec une plus grande sensibilité aux infections
      • une hyperglycémie avec ou sans glycosurie peut être retrouvée

1ers secours

Lorsque les secours arrivent sur les lieux, ils suivent une succession d’actes visant à sécuriser la victime, les lieux et à limiter les dégâts causées par la brûlure sur le corps de la victime ;

  • Sécuriser les lieux en stoppant la cause de la brûlure (eau brûlante comme de l’eau de cuisson, incendie…)
  • Evacuer les lieux en cas de brûlures liés à des produits nocifs (produits chimiques, fumée…). IL peut être nécessaire de rincer les yeux (produits chimiques, vapeur…)
  • Evaluer si une détesse respiratoire est présente et mettre en place les traitements d’urgence en fonction
  • Enlever les vêtements de la victime sauf ceux qui collent à la peau
  • Evaluer l’étendue des brûlures et agir en fonction :
    • Brûlures sans gravité
      • Arroser
        • On parle de la règle des trois 15
          • 15 minutes sous l’eau (en réalité, certains professionnels estiment que 5 minutes suffisent chez l’enfant, 10 chez l’adulte)
          • à 15°
          • sur un diamètre de 15 cm autour de la lésion.
      • Ne pas percer les cloques
      • Couvrir les plaies d’un pansement stérile
    • Brûlures graves
      • Déceler les signes de gravité (risque de choc hypovolémique) et mettre en place les traitements nécessaires (perfusion, hydratation…)
      • En cas de difficulté respiratoire, placer la victime en position 1/2 assise
      • Arrosage pour refroidir l’ensemble des brûlures mais ne continuer pendant 10/15 minutes que si la victime est brûlée à moins de 20%, car sinon elle risque un état d’hypothermie
      • Couverture voire couverture de survie selon la température corporelle
    • S’assurer que la victime est vaccinée contre le tétanos (rappel à jour ?)
  • Refroidir la ou les plaies immédiatement (sauf si les brûlures atteignent plus de 20% du corps, car la victime peut tomber en hypothermie) car même si le corps n’est plus au contact de la chaleur,la lésion s’aggrave tellement la peau est chaude (on arrose la plaie, comme expliqué plus bas)
  • Apporter les autres soins nécessaires, car les brûlures entraînent des complications comme la détresse respiratoire

Brûlure du 1er degré

« Simple rougeur », la brûlure du premier degré n’atteint que l’épiderme. C’est la brûlure la moins grave qui se manifeste par:

  • chaleur
  • douleur vive
  • rougeur

Les brûlures du 1er degré n’entraînent aucune séquelle et guérissent en 3 à 5 jours.

Brûlure du 2ème degré

Cette brûlure est plus sérieuse et nécessite des soins infirmiers. Il n’est pas rare que les patients brûlés au second degré se retrouvent aux urgences pour faire les soins.

On parle de brûlure du second degré lorsque l’épiderme et une partie du derme est atteint. La douleur est importante à ce stade et l’on retrouve les signes suivants :

  • phlyctènes (= cloques)
  • peau blanc à rosé
  • perte de sensibilité

La récupération est plus longue puisqu’il faut parfois 1 mois à la victime pour retrouver une peau normale. Selon la taille des brûlures, leur gravité et la qualité des soins, la peau peut présenter des séquelles avec des marques de cicatrisation, le plus souvent aucune séquelle n’est constatée.

Brûlure du 3ème degré

A ce stade, les douleurs localisées sont inexistantes et pourtant, c’est bien le degré de brûlure le plus grave. On parle même parfois de carbonisation. La peau a été brûlée sur toutes ces couches, si bien que les terminaisons nerveuses sont atteintes, ce qui explique l’absence de douleur. On repère :

  • une peau carbonisée soit blanche, marron ou noire (plus la brûlure est profonde, plus la plaie est foncée)
  • aucune douleur sur les plaies brûlées au 3ème degré
  • vaisseaux sous-cutanés de couleur noire

La carbonisation entraîne un risque infectieux non négligeable, surtout au vu de la fuite d’électrolytes provoqués par le processus d’évaporation. La greffe de peau est à envisager. Les plaies sont soignées au cas par cas :

  • ablation des nécroses
  • réalisation de pansements stériles afin de limiter le risque infectieux, sous anesthésie locale ou régionale en fonction des besoins
  • prescription de traitements en perfusion ou par voie orale selon l’état du patient : antibiotique, antalgique, antiprurigineux et traitements pour compenser les pertes électrolytiques
  • si la réépidermisation à partir des berges cutanées qui entourent la plaie est impossible ou trop lente, on réalise une autogreffe
  • lorsque le risque infectieux est levé, bien protéger la peau : hydrater, utiliser une crème solaire.

Complications consécutives aux brûlures

La première cause de mortalité par brûlure est la surinfection liée à la perte d’éléments sanguins qui rendent la victime immunodéprimée. D’où l’importance de respecter des règles d’hygiène plus que rigoureuses auprès des grands brûlés, dès les 1ers secours et jusqu’à la fin des soins infirmiers.

Les complications immédiates ou à très court termes sont :

  • risque de choc hypovolémique
  • risque de septicémie / choc septique
  • hypersensibilité au soleil : pas d’exposition pendant 2 ans
  • cicatrice hypertrophique : réalisation des pansements compressifs pour éviter les cicatrices boursouflées
  • cicatrice avec hyperpigmentation noire / foncée : difficile à traiter, bien qu’il existe un traitement laser. La solution est surtout dans la prévention en évitant l’exposition au soleil notamment
  • prurit : démangeaison fréquente comme dans tout processus de cicatrisation
  • hypersensibilité au chaud ou au froid, qui disparaît d’elle-même

Pourcentage de brûlures : règle de Wallace

Vous avez sûrement entendu dire « il a été brûlé à XX% ». Pour calculer ce pourcentage, les professionnels de santé suivent la règle de Wallace qui consiste à compter 9% pour chacune des parties du corps suivantes :

  • tête + nuque
  • membre supérieur
  • thorax
  • abdomen + pelvis + organes génitaux externes
  • dos
  • lombaires + fesses
  • face antérieure du membre inférieur
  • face postérieure du membre inférieur

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