Schizophrénie : définition, symptômes, traitements…

Les différentes formes de schizophrénie : tableaux cliniques

La schizophrénie est sans doute la maladie psychiatrique présentant le plus de variantes. Il existe différentes formes, se distinguant par les mécanismes et les symptômes.

Schizophrénie paranoïde

Comme son nom l’indique, cette forme de schizophrénie implique que le patient ait des tendances paranoïaques. A la différence de la maladie qui porte le nom de la paranoïa, la schizophrénie paranoïde doit avoir pour principal symptôme le délire. Un délire avec sentiment de persécution et associé à l’ensemble des symptômes généraux de cette pathologie typique de la psychiatrie. Il y a différentes schizophrénies paranoïdes selon le thème. On parle de thème car tous les délires en schizophrénie ont un thème : mégalomane, mystique…

Schizophrénie dysthymique

Le terme de dysthymie fait référence aux troubles de l’humeur. Ici, ces troubles accompagnent la schizophrénie. C’est à dire que le patient peut passer d’une période à une autre en phase maniaque ou dépressive, mais présente aussi les symptômes de schizophrénie (délire, automatisme mental, hallucinations etc.). On peut aussi retrouver l’ensemble des signes généraux de la schizophrénie, avec un penchant paranoïaque, la présence de délires etc.

Schizophrénie catatonique

Sans doute les malades les plus marginalisés parmi l’ensemble des schizophrènes, les malades qui développent la forme catatonique souffrent de symptômes physiques (maintien d’attitude, raideurs surtout). Au niveau du comportement, ce sont le mutisme, l’absence d’affectivité et d’initiatives qui priment. Cette forme est très handicapante socialement, professionnellement.

Schizophrénie hébéphrénique

Il s’agit là du versant autistique de la schizophrénie avec une vie sociale très difficile, des risques de violence importants liés aux délires. On parle aussi de schizophrénie désorganisée ou de schizophrénie indifférenciée.

Parmi ces différentes formes de schizophrénie, il existe plusieurs « sous-catégories » de schizophrénies, pouvant être répertoriées par thèmes. Pour les étudiants en psy qui voudraient les mémoriser facilement, voici la liste des thèmes avec quelques moyens mnémomotechniques.

Les symptômes de la schizophrénie et astuces

Organisation des tableaux cliniques en psy

Contrairement à une pathologie « classique » où il suffit d’énumérer les symptômes pour poser un diagnostic, une psychose est diagnostiquée en repérant un ensemble de symptômes que l’on classifie en plusieurs catégories. Si l’une de ces catégories ne correspond pas, alors il ne s’agit pas d’une psychose. On utilise cette astuce pour organiser les symptômes d’une psychose.

Signes de la schizophrénie

Pour identifier les symptômes d’un schizophrène, vous devez forcément trouver :

  • un délire (propos incohérent du genre « je suis le messie » ou sur tout autre thème autre que la religion)
  • un thème (il existe plusieurs thèmes auxquels correspond forcément le délire d’un schizophrène). Découvrez des astuces pour retenir les thèmes.
    • Persécution (le patient se sent persécuté par une personne ou un groupe de personnes)
    • Passionnel (JERC = Jalousie, Erotomanie, Revendication, Culpabilité)
    • Idéologique (religieux, métaphysique le plus souvent)
    • Mégalomanie (idées de grandeur, grande importance que le patient se donne à lui-même : prophète, héros…)
    • Hypochondriaque
    • Etat dépressif
  • Une organisation non systématisée (c’est à dire que le délire est incompréhensible, contrairement au délire paranoïaque par exemple, qui est structuré/systématisé et donc plausible même pour une personne sensée)
  • Des mécanismes comme :
    • hallucinations (pouvant aussi bien être auditives, visuelles, cinesthésiques, olfactives… tous les sens!)
    • délire d’interprétation (impossible de faire changer d’avis un schizophrène, il construit tout une histoire autour de son délire)
    • automatisme mental (pensées guidées, parfois gestes imposés par des forces…)
    • Pour retenir les mécanismes
  • Une forte adhésion au délire même si vous prouvez au patient par A + B qu’il a tort
  • Un type de schizophrénie :
  • Une étendue longue de la maladie, soit avec :
    • apparition insidieuse à l’adolescence ou début âge adulte (< 25 ans en général)
    • apparition brutale via une bouffée délirante aigue donnant suite à une schizophrénie
  • Une dissociation ou discordance : symptôme typique de la schizophrénie qui se traduit par une sorte de décalage entre corps et esprit, émotion et discours etc. :
    • Troubles de la pensée : délire, incohérence, bizarrerie…
    • Trouble du langage : mutisme ou logorrhée
    • Troubles de l’affectivité : parole triste en riant ou inverse, ou tout autre nuances
    • Troubles psychomoteurs : gestes incontrôlés liés à l’automatisme mentale
    • Troubles du comportement : repli sur soi voire autisme, agressivité, mutisme…
    • Dépersonnalisation : le malade se sent un autre, un être supérieur par exemple

Les symptômes de la schizophrénie sont donc à la fois très variés et très similaires puisqu’on peut tous les classer dans ces catégories. En fonction, la prise en charge infirmière du schizophrène diffère, les traitements également.

Traitement de la schizophrénie

Si l’accompagnement du schizophrène par des professionnels de santé est essentiel, cela ne permet pas de stabiliser la maladie. Dans la plupart des cas, si un traitement médicamenteux n’est pas mis en place, il y aura une rechute ou une aggravation des symptômes et des risques adjacents.

Les médicaments généralement prescrits aux schizophrènes sont les neuroleptiques. Cette classe de médicament agit sur le système nerveux et parvient à contrer certains symptômes ou à la diminuer, notamment les hallucinations. On trouve très fréquemment les neuroleptiques suivants dans une prescription distribuée à un patient schizophrène :

Ces traitements apportent des effets secondaires fréquents, inconfortables voire même lourds. Pour les contrer, il existe des traitements dits correcteurs (contre la constipation, la bouche sèche, le syndrome extrapyramidal…), qui viennent s’ajouter au traitement neuroleptique. Le psychiatre peut aussi prescrire des traitements dits symptômatiques : c’est à dire que ces traitements vont traiter des symptômes de la maladie parce que le neuroleptique ne suffit pas toujours.

Traitement par voie orale

Le traitement par voie orale ou per os fait face à un risque fréquent chez le schizophrène : l’absence d’observance du traitement. Si bien que certains infirmiers font tirer la langue aux patients pour être sûr qu’ils avalent bien le comprimé ! C’est pourquoi, il est parfois préférable d’envisager le traitement retard.

Le traitement retard par injection

Les neuroleptiques existent aussi sous formes injectables, même si le produit et souvent difficile à injecter (il demande à l’infirmier de mettre pas mal de pression sur le piston) du fait de son aspect huileux et épais. Néanmoins, cette injection ne s’administre que toutes les 3 semaines. Cela permet aux patients de vivre le plus normalement possible, sans prendre de comprimé. Il doit souvent dans ce cas, se rendre en CMP (Centre Médico Psychologique) afin de recevoir son injection. Cela permet aussi à l’équipe soignante du CMP de voir si le traitement est bien toléré et s’il est efficace ou pas en rencontrant régulièrement le patient et ses proches.

Les gouttes / solutions buvables

Elles sont généralement prescrites chez les patients qui ont du mal à avaler les comprimés. L’inconvénient est la préparation, d’autant que certains patients ont vraiment des doses de cheval, il faut le dire. Il faut parfois compter… 100 gouttes ! Dans ce cas, on utilise une seringue qui permet de doser avec précision grâce à la conversion 1ml=20 gouttes.

Actions IDE et schizophrénie : rôle propre et sur prescription

Le rôle propre IDE dans la schizophrénie

Les patients psychotiques, pour ne pas voir leurs symptômes s’aggraver ont besoin d’un cadre qui les rassurent et les ancrent dans la réalité, dans la mesure du possible. Le rôle propre de l’infirmière consiste notamment à veiller à cela, en dialoguant avec le patient pour limiter les délires et calmer les angoisses entraînées par ses délires et les hallucinations.

Surveillance

Un travail de surveillance, d’observation et d’analyse est nécessaire en quasi permanence : il s’agit d’éviter la fugue d’un patient ayant besoin de soins, d’autant plus s’il risque de passer à l’acte (agression, autoagression…). Mais il s’agit aussi de constater l’évolution des symptômes afin de réajuster le projet de soins.

Bien sûr, en psychiatrie le rôle propre consiste aussi à surveiller les éventuels effets secondaires des traitements. La prise de constantes face au risque de syndrome malin (voir les effets secondaire des neuroleptiques) par exemple. Les schizophrènes sont souvent gavés de médicaments et l’infirmière doit donc surveiller l’éventuelle apparition d’effets secondaires de tous ces traitements.

L’infirmier doit éviter toute mise en danger, c’est pourquoi dans la plupart des services hospitaliers psychiatriques ou structures d’accueil suivent des règles comme :

  • Compter les couverts (un couteau ne doit pas disparaître)
  • Laisser les chambres fermées à clé pendant les heures de vie commune
  • Encadrer les activités à risque de fugue ou d’agression
  • Vérifier régulièrement la présence de tout le groupe
  • Distribuer les médicaments consciencieusement (éviter qu’un patient ne prenne toute la boite ou à l’inverse qu’il recrache son traitement). Oui, parfois il est nécessaire de faire tirer la langue au patient !

Promotion de l’autonomie

Obnubilé par ses délires, ses hallucinations et ses pensées de manière générale, le schizophrène a tendance à ne pas veiller à ses autosoins :

  • hygiène
  • repas réguliers
  • habits adaptés à la saison (certains patients se couvrent pour former une coque de protection face au monde extérieur et s’écarte encore plus de la réalité, sans parler du fait de crever de chaud en été !)
  • organiser son quotidien (lessives, respecter les horaires, aller aux rendez-vous)
  • avoir des objectifs (pour simuler les objectifs qu’ils auront par la suite en réinsertion socioprofessionnelle)

Les activités en psychiatrie

Elles permettent à la fois d’occuper les personnes hospitalisées et de leur apporter une aide :

– conserver ou apprendre à créer des liens sociaux par le jeu, les animations, les sorties. L’isolement social est un risque important pour les personnes schizophrènes

– progresser vers la réinsertion socioprofessionnelle en assumant ses responsabilités, canalisant les troubles du comportement

– apprendre à différencier la réalité du délire, à repérer les hallucinations (très compliqué chez les schizophrènes car par définition, ils sont dans le déni de leurs troubles) ce qui permet de moins adhérer au délire

Le rôle sur prescription dans la schizophrénie

De multiples manières d’administrer un traitement existent contre les symptômes de la schizophrénie :

Il y a donc quelques gestes techniques à maîtriser pour appliquer la prescription médicale. Ces soins et distributions de médicaments doivent être planifiées par l’infirmière (rôle propre), puis prodigués. En cas d’urgence, des protocoles sont à suivre avec souvent une injection de sédatif en intramusculaire, avec la surveillance des effets secondaires immédiats et à long terme.

En psychiatrie, le rôle de l’équipe médicale est de maintenir autant que possible la personne dans la réalité. Après un passage à l’hôpital, un séjour temporaire en service intermédiaire sert de tremplin pour une sortie définitive avec suivi dans un CMP par exemple, pour suivre le traitement retard notamment (Haldol injectable toutes les 3 semaines par exemple).

Pour en savoir plus sur Les traitements de la schizophrénie

 

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