Risque infectieux : démarche de soins infirmiers

Dans bien des situations, l’infirmier est confronté à la potentielle contamination du patient : interventions chirurgicales, maladies contagieuses, baisse des défenses immunitaires…

Le risque de survenue d’une infection

Dans presque toutes les interventions des soignants, la possibilité de transmettre des germes est réelle. Pour l’empêcher, il est fondamental d’avoir conscience de tous ces risques que l’on doit exposer lors d’une démarche de soins. Le risque infectieux survient dans plusieurs tableaux :

  • retour de bloc opératoire : toute intervention est une porte ouverte aux infections.
  • maladies d’origine bactérienne ou virale pouvant provoquer une épidémie (grippe, gastro-entérite…)
  • soins invasifs : tout ce qui créE une brèche (injections, prise de sang) et la manipulation d’appareillages en contact avec le corps (perfusion, sonde urinaire, pansement…)

Surveillance et actions pour que ce risque ne devienne pas un problème

Lorsqu’on identifie un risque infectieux, il faut tout mettre en place pour que les signes infectieux n’apparaissent pas. D’où l’importance de commencer par la surveillance : constantes (température, pouls, tension), aspect des sérosités s’il y a (pansement ou point de ponction jaunâtre, verdâtre… et malodorant…), apparition d’une inflammation (rougeur, oedème, douleur, chaleur),  bilan sanguin perturbé (augmentation des globules blancs, de la VS et de la CRP…) ou tout autre prélèvement positif (ecbu, écouvillon…).

Le rôle propre de l’infirmier est de mettre en place ses actes de surveillance. En cas de survenue de signes infectieux, il doit avertir le médecin, puis accomplir son rôle sur prescription :

  • administration de traitements antibiotiques (s’assurer que le patient n’est pas allergique)
  • réalisation de soins sur prescriptions (prise de sang, hémocultures, écouvillons…)

Prévention du risque infectieux

Si tout n’est pas contrôlable à 100%, il est possible de limiter considérablement le risque infectieux en mettant en place des actes de prévention :

  • lavage des mains simple, chirurgical dans les bonnes circonstances (lavage des mains simples entre 2  patients, lavage antiseptique avant une pose de perfusion IV, pose de perfusion PAC / aiguille de Huber)
  • port de gants dans les circonstances nécessaires (dans toute situation de soin où l’on risque d’entrer en contact avec des liquides biologiques (urine, sang, salive, selles…)
  • port de la tenue de soignant, lavée quotidiennement à 60° et à l’eau de javel
  • antisepsie avant les soins invasifs
  • règles d’hygiène de base : nettoyer (surfaces et objets), réaliser la toilette et désinfecter du plus propre au plus sale ou depuis le centre du site d’injections /de la plaie vers l’extérieur.
  • préparer les soins sur une paillasse propre
  • utiliser des champs stériles ou non stériles sous le membre ou la partie du corps qui va bénéficier d’un soin
  • veiller à ce que le patient puisse réaliser ses autosoins ou y pallier (14 besoins de Virginia Henderson)

Soins infirmiers relevant du rôle propre en cas d’infection

  • réalisation de soins locaux : pansements, drainage, protocole betadiné
  • mesures de prévention si nécessaire : charlotte, gants, chaussons, blouses, mise en place d’un isolement adapté
  • prise des constantes régulières
  • vessie de glace en cas d’hyperthermie
  • éducation du patient en cas de précautions particulières à prendre

 

Laisser un commentaire