Prothèse de hanche : intervention, soins, rééducation…

Halte aux clichés ! La prothèse de hanche ne concerne pas que la personne âgée qui, suite à une chute, s’est cassé le col du fémur. Elle concerne parfois des sujets plus jeunes. Toujours est-il que la prise en charge infirmière de la prothèse totale de hanche (PTH) demande rigueur et attention.

La pose d’une prothèse de hanche totale

Elle survient dans différents contextes, dont on retiendra surtout les 3 principaux :

  • fracture du col de fémur
  • usure de l’articulation entraînant des douleurs chroniques invalidantes
  • malformation congénitale (c’est dans ce cas qu’une PTH peut être envisagée, même jeune)

Au bloc, le chirurgien sort sa tronçonneuse et son marteau-piqueur… Non, sans rire, la pose d’une prothèse hanche demande des actes assez lourds, d’autant plus que c’est une articulation profonde. Le chirurgien peut avoir besoin de sectionner ou déplacer les muscles de façon assez traumatisantes, entraînant une longue rééducation par la suite. Le chirurgien allemand, Dr Röttinger, a trouvé des techniques qui améliorent la pose et permettent de réduire considérablement la durée de convalescence (5 jours dans le meilleur des cas, contre 1 mois habituellement !)

Le retour de bloc et les soins infirmiers

Nous n’allons pas rabâcher la surveillance « traditionnelle » des retours de bloc, vous trouverez des informations générales à suivre pour tous les retours de bloc. Ce qui nous intéresse ici, ce sont les surveillances et soins spécifiques à la pose de PTH. Ils dépendent des risques (complications éventuelles) inhérents à la pose de prothèse de hanche.

Pour chaque risque, l’infirmier réalise une surveillance et éduque le patient :

Luxation

Le risque de luxation dure 6 mois. Dans le cas d’une luxation, la prothèse quitte son emplacement, le membre est déplacé, se manifestant par une douleur. Elle peut être provoquée paru un traumatisme (chute) ou par des mouvements interdits pendant ces 6 mois. Voici ce que doit respecter le patient pour éviter la luxation de sa prothèse de hanche :

  • La règle d’or : garder l’alignement du tronc et des membres inférieurs. Le patient qui doit se lever du lit par exemple, ne doit pas d’abord mettre les pieds hors du lit puis tourner son buste, mais tout d’un bloc. Cela s’apprend à partir du premier lever.
  • Garder un angle de 90° de la hanche: le tronc reste perpendiculaire aux jambes, mais pas plus ! pour se baisser par exemple, il y a un risque. Le patient peut utiliser des accessoires au lieu de se baisser, comme les pinces pour ramasser des objets à terre, les chausse-pieds.
  • Garder un angle de 90°  des genoux, ne pas plier plus, sinon risque de luxation : le patient s’assoit sur un siège  bonne hauteur, parfois il faut :
    • un rehausseur sur les chaises et WC
    • relever le lit en plaçant des pieds de lit plus grands
  • Si le patient dort sur le côté :
    • ne pas croiser les jambes (pour garder la prothèse dans l’axe) : utiliser une botte anti-rotation, un coussin anti-luxation par sécurité
    • dormir sur le côté opéré, car dans l’autre sens, la prothèse peut bouger par l’effet du poids du corps
  • Les escaliers :
    • Pour monter : le pied de la jambe non opérée commence. Ensuite, ramener le pied de la jambe opérée sur la même marche
    • Pour descendre : le pied de la jambe opérée commence, puis le deuxième pied se place sur la même marche.

Signes de luxation : 

  • douleur intense
  • impossibilité de bouger le membre
  • déformation de l’articulation

La radio confirme la luxation.

Différence de longueur des membres

Peut nécessiter une nouvelle intervention, donc à signaler au chirurgien lorsque l’infirmier ou l’aide-soignant remarque une asymétrie.

Raideur articulaire post-opératoire

La difficulté à mouvoir l’articulation dans les suites immédiates est normale. Le kiné ou le patient devra en revanche, faire part d’une rééducation particulièrement difficile, car une reprise de prothèse est à envisager dans certains cas.

Le descellement prothétique

  • douleur intense
  • impossibilité de bouger le membre
  • déformation de l’articulation

La radio confirme le descellement de la prothèse de hanche.

Atteinte neurologique

Le nerf sciatique peut avoir été touché durant l’intervention.

Intolérance aux matériaux qui composent la prothèse

L’allergie au nickel n’est pas si rare… Mais généralement, les patients savent depuis longtemps déjà, qu’ils y sont allergiques, car on en trouve beaucoup autour de nous.

En cas de douleur et gonflement de la hanche, une allergie est à envisager.

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