Hémoculture : définition et déroulement du soin

Qu’est-ce qu’une hémoculture ?

C’est un prélèvement sanguin qui permet d’analyser les éventuelles bactéries présentes dans le sang. On réalise souvent cette analyse en cas de suspicion de septicémie. En soins infirmiers, l’hémoculture fait généralement partie de protocoles d’urgence lorsqu’on craint un choc septique, devant un patient qui présente une forte fièvre, une tachycardie et une faible tension. C’est donc un soin sur prescription médicale ou protocole. Grâce à ce prélèvement, le laboratoire identifie l’agent infectieux et la résistance qu’il exerce face à chaque antibiotique. C’est l’antibiogramme.

Indications d’une hémoculture

Quand on fait une hémoculture, on est toujours dans le cas d’une fièvre. Voici les diverses causes pouvant amener à réaliser une hémoculture :

  • foyer infectieux : plaie chirurgicale, abcès…
  • septicémie avérée ou suspicion (symptômes : fièvre, frissons, marbrures ou teint gris, hypotension, extrémités froides… et d’autres à lire dans notre fiche)
  • état de choc (suspicion de choc septique)
  • hyperthermie
  • fièvre inexpliquée et de durée anormalement longue
  • ou chez des personnes porteuses de cathéters (central ou périphérique), sonde (sonde urinaire, sonde nasogastrique), prothèse (prothèse de genoux, prothèse hanches, etc)
    • avec hyperthermie (même depuis peu) supérieure à 38.5°C
    • avec hypothermie (même depuis peu) inférieure à 36.5°C

Matériel spécifique

Le prélèvement en vue d’une hémoculture est réalisé avec des tubes spéciaux : ils sont plus grands et plus larges que les tubes de prise de sang habituels et demandent donc des corps de pompe adaptés.

  • Tube anaérobie : ce tube ne doit pas contenir d’air. La prise de sang ne doit donc pas commencer par ce tube, car le matériel peut contenir de l’air (aiguille, ailette, petite tubulure qui rejoint le corps de pompe etc)
  • Tube aérobie : ce tube peut contenir de l’air, on commence donc toujours la prise de sang pour hémocultures par ce tube.

 

Technique de prélèvement pour hémoculture

La technique est la même que celle de la prise de sang. Mis à part que l’on utilise des tubes à hémocultures, en commençant par remplir le tube aérobie, qui peut contenir de l’air.

Bien remplir le bon du labo!

Le bon destiné à renseigner le laboratoire contient les informations habituelles liées à l’identité du patient ainsi que les étiquettes collées sur les tubes. Indiquez aussi les spécificités relatives aux hémocultures :

  • la température dont souffre le patient
  • s’il prend des traitements antibiotiques préciser lesquels, le dosage et la posologie, depuis quand…

En attendant les résultats

Puisqu’a priori le patient est soupçonné d’être infecté ou même de présenter les signes d’un choc septique, plusieurs actions relevant du rôle propre peuvent être mises en place : surveillance des constantes, vessie de glace pour refroidir, hydratation par voie orale… Enfin, lorsque les résultats sont disponibles, le médecin doit en être informé pour qu’il puisse établir la prescription du traitement antibiotique entre autres. Dans tous les cas, la surveillance des signes infectieux ayant motivé le prélèvement est impérative jusqu’à leur disparition.