Risque thromboembolique, surveillances, actions IDE

En soins infirmiers, le risque thromboembolique est très présent en chirurgie, en convalescence ou à domicile dans les suites d’une intervention, ou encore dans le cas d’une immobilisation quelle qu’en soit la cause.

Risque thromboembolique : rappels

Il s’agit de la possibilité de déclencher une phlébite : c’est l’obstruction d’une veine par un caillot de sang (sang coagulé), le plus souvent située à une jambe. Toutefois, elle peut apparaître à n’importe quel localisation. Le risque à surveiller est la migration du thrombus (caillot) vers les poumons : embolie pulmonaire. Cette pathologie est une urgence vitale que l’on doit donc savoir reconnaître lorsqu’on suspect un risque de thrombose veineuse.

Les signes de la thrombose

L’obstruction de la veine empêche la bonne circulation du sang. Il en résulte des manifestations locales (mais pas toujours, parfois cela passe inaperçu) : rougeur, chaleur, douleur, oedème, absence ou diminution du ballotement du mollet. La prise des constantes montrent une dissociation pouls-température : le pouls est élevé avec une température normale ou l’inverse. Le bilan sanguin montre aussi des perturbations : le dosage des D-dimères révèle une phlébite lorsqu’il est au dessus de la norme indiquée par le laboratoire (nous n’annoncerons pas de chiffres car il varie selon les labos). Le diagnostic pour être clairement établi passe par un écho doppler des membres inférieurs (ou de la partie du corps suspectée).

Le rôle propre de l’infirmier face au risque thromboembolique

La première responsabilité en soins infirmiers, est de repérer les situations pouvant constituer un facteur de risque de thrombose. C’est à dire :

  • altération de la mobilité (peu ou pas de marche, rester tout le temps assis ou allongé)
  • intervention chirurgicale
  • fracture (entraînant une immobilisation)
  • antécédents familiaux, médicaux, d’autant plus si un traitement anticoagulant a été arrêté.

Lorsque le patient est dans un de ces cas, il doit bénéficier d’une surveillance soit :

  • observer plusieurs fois par jour les jambes afin de voir si l’un des signes locaux (énoncés plus haut) est présent
  • prise des constantes (dissociation pouls T°)
  • surveillance de la prise du traitement et des effets secondaires.

Par ailleurs les soins infirmiers consistent aussi en la mise en place d’actions de prévention : surélever les membres, inciter à la mobilisation, éducation du patient sur les signes à surveiller (sans non plus l’inquiéter!)…

Le rôle sur prescription

Si une personne est en situation de risque de thrombose, le médecin peut prescrire un traitement anticoagulant (lovenox en chirurgie et post-opératoire) : veiller au dosage indiqué, et administrer l’injection sous-cutanée chaque jour à la même heure. Les effets secondaires étant notamment le risque hémorragique et la thrombopénie (chute des plaquettes), l’infirmier doit programmer les prises de sang selon la prescription du médecin : dosage des plaquettes, hémoglobine (pour constater une perte de sang importante).

En cas de signes de phlébite, le médecin doit être averti, les membres ne doivent plus être surélevés et le repos strict est une conduite à respecter rigoureusement afin d’éviter que le thrombus ne migre vers les poumons…