La toilette chez la personne Alzheimer

Les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer sont anxieuses faces à certaines choses qui nous semblent pourtant normales.

La communication verbale et non verbale

Etre touché sans être prévenu peut être perçu comme une agression par les patients déments. On peut prévenir par les mots, par le geste ou le regard : lorsqu’on communique, la parole n’est pas le seul vecteur. Le regard peut exprimer la colère ou la tendresse, la sympathie ou pas. Lorsqu’on s’adresse à une personne Alzheimer il convient que le regard mette en confiance, tout comme la voix doit être calme, et les mots faciles à comprendre.

LA TOILETTE DE LA PERSONNE ALZHEIMER : l’angoisse

Une main levée peut être perçue comme une menace, tandis que vous alliez seulement lavé le visage de la personne… Si vous êtes trop brusque, vous risquez justement de vous prendre une gifle! D’où l’importance de prévenir de ce que vous faites, le mieux étant de laisser la personne faire les gestes : l’inviter à laver son visage, ses bras, même si la personne ne sait plus comment faire. En effet il suffit parfois de réintroduire le début d’un geste pour qu’elle se souvienne de la suite. Il faut parfois « relancer la machine »!

La réminiscence pendant la toilette?

Certains traumatismes anciens peuvent refaire surface lors d’un acte soignant aussi intime que la petite toilette, surtout chez des patients âgés qui ont vécu la guerre ou une vie difficile (viol, prison, maltraitance..).  Ceci peut expliquer qu’ils soient particulièrement agressifs lors de la toilette : ils revivent inconsciemment ou pas une scène horrible. Il est inhumain de forcer une personne à se laver dans de telles conditions. Bien des techniques peuvent ramener la personne au calme, mais parfois, le soignant est démuni malgré ses efforts.

Comment calmer l’angoisse ou l’agressivité

Médicaments : certains anxiolytiques ou sédatifs administrés préventivement permettent d’éviter ou de diminuer la gravité des troubles du comportement.

Attitudes soignantes : instaurer une relation de confiance avant les premiers gestes, et maintenir une ambiance agréable qui détourne d’éventuels mauvais souvenirs. Pratiquer des gestes doux accompagnés d’une communication verbale explicative, douce.

Circonstances : certains moments sont propices à l’angoisse, comme la nuit. Autant que possible, planifiez la toilette lorsque le jour est levé! Propres à l’histoire de vie du patient, d’autres éléments peuvent intervenir en défaveur du soin IDE. La connaissance des faits marquants de la vie du patient est nécessaire.

Technique de la toilette/Alzheimer

Si l’on commence toujours une toilette par le visage, il n’en est pas de même pour la toilette d’une personne Alzheimer : cela peut être perçu comme agressif pour elle car elle n’a pas forcément réalisé que le soignant allait l’accompagner pour se laver. N’oublions que l’un des principaux symptômes des malades d’Alzheimer est la désorientation temporo-spatiale, aggravée de troubles de la mémoire immédiate : il est compliqué pour un patient de se repérer dans le soin également.

En commençant par les mains qui sont un vecteur de contact plus courant, elle acceptera mieux le geste soignant et pourra prendre conscience que la toilette a commencé. Bien entendu, lier la parole aux gestes est indispensable pour aider la personne à se situer dans la réalité, à s’impliquer.

Beaucoup de précautions sont à prendre et généralement, les conditions de travail des soignants ne permettent pas une prise en charge tout à fait adéquate… Bon courage donc, à vous soignants qui y mettez tout du vôtre parfois en vain… Souvent même.

2 thoughts on “La toilette chez la personne Alzheimer

  1. Je suis aide soignante et j’ai entendu que chez
    la personne attente d’alzheimer totalement
    dépendante , il est bien de ne pas commencer par la toilette du visage .Comment le justifier lors d’une msp par exemple ? Merci pour votre réponse
    Bernadette

    1. Bonjour Bernadette,
      Effectivement, nous avons ajouté un paragraphe « technique de soin » qui parle de cette nécessité de ne pas commencer par le visage. IL s’agit finalement d’introduire le soin en douceur pour ne pas surprendre le patient en « attaquant » directement au visage.