Incontinence urinaire : mécanismes physiologiques et actions infirmières

Mécanismes physiopathologiques de l’incontinence urinaire

Puisque nous traitons ce sujet dans le cadre du module de gériatrie, nous allons surtout parler des mécanismes de l’incontinence liée au vieillissement.

La continence (capacité à contrôler la miction urinaire) est possible grâce aux sphincters, ces muscles circulaires situés autour de l’urètre. Avec l’âge, ils perdent leur tonicité, de même que l’ensemble du plancher pelvien. Un autre muscle est responsable de la perte incontrôlée d’urine : le detrusor… Il ne s’agit pas d’un personnage de science fiction, mais du muscle qui recouvre la vessie : il se contracte lorsque celle-ci est pleine. Cependant, lors du vieillissement il devient hyperactif. C’est-à-dire que des contractions inopportunes  provoquent des fuites urinaires à n’importe quel moment. Il ne s’agit pas d’impériosité mictionnelle mais d’incontinence urinaire permanente puisque la vessie possède en permanence de l’urine.

Les conséquences des problèmes urinaires

Sur le plan moral : il est difficile d’accepter l’idée de ne plus contrôler la miction. Par conséquent, l’image de soi est dégradée avec une difficulté à conserver une vie sociale animée. La peur de se souiller en public, de sentir mauvais, l’inconvénient de devoir se changer régulièrement… Le risque d’isolement social et d’altération de l’image de soi est réel.

Sur le plan corporel : à cause de l’incontinence urinaire, le contact de l’urine sur la peau est trop fréquent, responsable d’érythème parfois même d’infections cutanées mycosiques (la macération est fortement appréciée des champignons!) et bactériennes (humidité et chaleur sont les circonstances favorites des germes).

Les actions IDE face à l’incontinence urinaire

L’un des rôles fondamentaux du soignant est  d’aider la personne à accepter cette situation d’incontinence, par le dialogue et par le soin. Il est difficile d’accepter le port d’une protection, qui prennent parfois la forme d’une véritable couche pour bébé : il est important de rappeler les avantages de ces dispositifs pour casser cette image humiliante.

Pour éviter les complications cutanées, les soignants s’assurent que les personnes incontinentes se changent régulièrement ou les aident à le faire lorsqu’elles ne peuvent le faire seul. En gériatrie particulièrement en maison de retraite, la marque de protection urinaire Hartmann est souvent utilisée et constitue un support performant, confortable avec un rapport qualité/prix raisonnable. Toutefois, les changes doivent être effectués régulièrement, ils font d’ailleurs partie de l’organisation du service.

L’équipe paramédicale encourage la personne à aller aux toilettes même en cas de port de protection : il s’agit de conserver une autonomie cruciale.

Les troubles mictionnels : choix des protections

L’incontinence ne touche pas que les personnes âgées hospitalisées ou institutionnalisées… A domicile, beaucoup souffrent de ce problème. Les personnes autonomes connaissent plus la marque de protection urinaire Tena que celle d’Hartmann, grâce aux publicités diffusées dans les medias. Hartmann étant un groupe proposant bien d’autres matériaux médicaux, on comprend qu’il s’adresse davantage au personnel paramédical. Quoi qu’il en soit, chaque personne a besoin d’un certain confort et il n’est pas stupide d’essayer plusieurs dispositifs pour trouver celui avec lequel on peut se sentir bien. Il existe des protections anatomiques, relativement discrètes (même forme qu’une serviette hygiénique) et les changes complets (protection qui se ferment sur le ventre et ont un fort pouvoir absorbant).