Hémostase : définition et mécanisme physiopathologique

Pour comprendre certaines prescriptions médicales et leur intérêt, il vous faut des apports théoriques en soins infirmiers.

Les 3 temps de l’hémostase

Lorsque nous saignons, le corps met en route un processus de cicatrisation. L’hémostase fait partie de ce processus : il s’agit des mécanismes physiopathologiques nécessaires pour arrêter le saignement, se déroulant en plusieurs étapes :

  • Temps pariétal = temps vasculaire (vasoconstriction) + temps plaquettaire (adhésion et agrégation plaquettaire)
  • Temps plasmatique (formation du caillot ou coagulation)
  • Temps thrombodynamique (rétractation puis dissolution du caillot)

Processus physiopathologique

Pour comprendre l’hémostase, parlons des phénomènes qui concernent le système artério-veineux lors d’une blessure. Quand un vaisseau sanguin est rompu, une vasoconstriction a lieu (le diamètre du vaisseau diminue afin de limiter le saignement à l’endroit de la brèche).

Cela permet la réalisation de l’hémostase primaire : c’est la formation du clou plaquettaire grâce à la cohésion des plaquettes avec le collagène. Le clou plaquettaire est également appelé « thrombus blanc ». L’agrégation plaquettaire est alors enclenchée grâce à l’activation de phospholipides qui engendre la contraction et la sécrétion de sérotonine et d’acide adénosine diphosphorique entre autres. Lorsque les plaquettes adhèrent bien les unes aux autres, on parle d’agrégation plaquettaire, processus essentiel pour la réparation du vaisseau sanguin. Cette étape est très rapide (1 à 2 secondes !) grâce au facteur Willebrand (il s’agit d’une protéine contenue par le plasma).

Vient ensuite l’hémostase secondaire, qui permet la coagulation proprement dite. Intervient au cours de cette étape le facteur XII (qui porte aussi le nom de facteur Hageman) qui permet la transformation du fibrinogène en fibrine, essentiel au processus de coagulation. Cette transformation est due à toute une chaîne d’activation de protéines présentes dans le plasma.

Enfin, le caillot est dissout (processus de fibrinolyse) par la plasmine.

En résumé :

1) Vasoconstriction localisée au niveau de la plaie (15 à 60 secondes)

2) Hémostase primaire avec formation du clou plaquettaire

3) Hémostase secondaire avec formation du caillot (3 à 6 minutes)

4) Fibrinolyse : dissolution du caillot par la plasmine

C’est donc des réactions en chaîne qui permettent à l’organisme de stopper un saignement. Au cours de certaines pathologies ou à cause de la prise de traitements, l’hémostase peut être ralentie, à tel point qu’une hémorragie peut avoir lieu. C’est le cas de l’hémophilie.

L’hémostase en soins infirmiers

L’hémostase est étudiée dans divers contextes médicaux, notamment en chirurgie, où le temps de saignement est analysé afin de diminuer le risque hémorragique. Pour l’infirmier, il est nécessaire de comprendre ces différentes étapes car l’hémostase est souvent au coeur des soins ou des démarches médicales. En effet, certains traitements antithrombotiques comportent intrinsèquement un risque hémorragique. Pour l’évaluer (et donc pour équilibrer le dosage du médicament), des prises de sang sont prescrites pour analyser le temps de saignement par exemple. Ce temps de saignement dépend essentiellement du bon déroulement de l’hémostase.

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