Hémostase : définition et mécanisme physiopathologique

Pour comprendre certaines prescriptions médicales et leur intérêt, il vous faut des apports théoriques en soins infirmiers.

Les 3 temps de l’hémostase

Lorsque nous saignons, le corps met en route un processus de cicatrisation. L’hémostase fait partie de ce processus : il s’agit des mécanismes physiopathologiques nécessaires pour arrêter le saignement, se déroulant en plusieurs étapes :

  • Temps pariétal = temps vasculaire (vasoconstriction) + temps plaquettaire (adhésion et agrégation plaquettaire)
  • Temps plasmatique (formation du caillot ou coagulation)
  • Temps thrombodynamique (rétractation puis dissolution du caillot)

Processus physiopathologique

Avant de parler de l’hémostase en elle-même, parlons des phénomènes qui concernent le système artério-veineux lors d’une blessure. Quand un vaisseau sanguin est rompu, une vasoconstriction a lieu (le diamètre du vaisseau diminue afin de limiter le saignement à l’endroit de la brèche). Cela permet la réalisation de l’hémostase primaire : c’est la formation du clou plaquettaire grâce à la cohésion des plaquettes avec le collagène. Lorsque les plaquettes adhèrent bien les unes aux autres, on parle d’agrégation plaquettaire, processus essentiel pour la réparation du vaisseau sanguin. Vient ensuite l’hémostase secondaire, qui permet la coagulation proprement dite. Intervient au cours de cette étape le facteur XII qui permet la transformation du fibrinogène en fibrine, essentiel au processus de coagulation. Enfin, le caillot est dissout (processus de fibrinolyse) par la plasmine.

En résumé :

1) Vasoconstriction localisée au niveau de la plaie (15 à 60 secondes)

2) Hémostase primaire avec formation du clou plaquettaire

3) Hémostase secondaire avec formation du caillot (3 à 6 minutes)

4) Fibrinolyse : dissolution du caillot par

L’hémostase en soins infirmiers

L’hémostase est étudiée dans divers contextes médicaux, notamment en chirurgie, où le temps de saignement est analysé afin de diminuer le risque hémorragique. Pour l’infirmier, il est nécessaire de comprendre ces différentes étapes car l’hémostase est souvent au coeur des soins ou des démarches médicales. En effet, certains traitements antithrombotiques comportent intrinsèquement un risque hémorragique. Pour l’évaluer (et donc pour équilibrer le dosage du médicament), des prises de sang sont prescrites pour analyser le temps de saignement par exemple.