Alzheimer : diagnostic, symptômes, traitements…

La maladie d’Alzheimer ressemble à d’autres maladies aux symptômes similaires. Il est important de réaliser des examens pour poser ou non le diagnostic d’Alzheimer.

Diagnostic Alzheimer : rôle infirmier

Si l’infirmier ne réalise pas le diagnostic, il doit néanmoins comprendre les méthodes utilisées pour l’établir car il devra communiquer avec l’équipe, éventuellement la famille sur les résultats des tests : cela permet de mettre en place des actions adaptées à chaque patient, selon l’évolution de la maladie, d’accompagner la famille.

Le Test MMS : le Mini Mental State Examination encore appelé Test de Folstein. Il permet d’évaluer la mémoire en faisant retenir une série de mots simples, et en posant quelques questions à la personne. Le test est noté sur 30 points : si inférieur à 24 le diagnostic de démence d’Alzheimer est probable mais dépend encore d’un examen : l’IRM ou le scanner.

Le test MMS consiste à faire :

  • retenir des images
  • des mots ou suites de mots
  • des calculs simples
  • dire la date du jour ou citer un événement important (qui est le président de la république ?)

L’IRM ou le scanner : il révèle l’atrophie du lobe temporal (diminution de la taille, accompagnée de dégénérescence de cellules nerveuses).

Au-delà de ces examens, l’observation et l’analyse permettent de déceler des troubles du comportement très spécifiques. Le patient atteint d’Alzheimer revit souvent une époque ancienne, un peu comme un rêve éveillé. Ils sont perdus dans le temps et/ou dans l’espace, ce qui entraîne une désorientation mais aussi une alimentation déséquilibrée. J’ai souvenir de cette dame qui avait été hospitalisée pour dénutrition. Elle ne mangeait que du café avec des biscuits trempés dedans (plus facile à manger quand on n’a plus de dents ni de dentier !). Elle n’avait plus aucun repère dans le temps. Alzheimer a été diagnostiqué par un géronto-psy.

Diagnostics différentiels Alzheimer

Grâce à l’imagerie médicale, il est possible de discerner certains troubles courants en gériatrie, comme :

  • démence vasculaire
  • Hydrocéphalie à pression normale
  • Maladie de Creutz feld Jacob
  • Démences sous corticale

Le diagnostic permettra de prescrire le bon traitement, et pas uniquement un traitement symptomatique.

Evolution de la maladie en 3 stades

On note trois phases d’évolution dans les symptômes de la maladie. En passant de l’une à l’autre, on aggrave la dépendance dans les gestes du quotidien.

Symptômes d’Alzheimer : stade 1

Dans le jargon médical, on l’appelle la phase de début. Elle est insidieuse et évolue progressivement.

Pertes de mémoire spécifiques aux symptômes Alzheimer

Les pertes de mémoire concernent les événements récents : on parle d’amnésie antérograde (impossible de retenir le nom de la nouvelle stagiaire en maison de retraite par exemple…). Cela empêche l’apprentissage de nouveaux gestes, de nouveaux appareils. Bien que l’on soit à un stade débutant dans les symptômes de la maladie d’Alzheimer, des difficultés dans la vie quotidienne sont rencontrées :

  • la personne perd ses mots
  • elle ne sait plus ce qu’elle allait faire
  • elle a du mal à se laver (perte de mémoire des gestes, qu’on appelle apraxie)…
  • Elle peut aussi ne plus se souvenir que le gaz de la cuisinière est allumée et porter atteinte à sa vie et à celle des autres.

Au début de la maladie, la personne a conscience de ses problèmes mais les cache aux autres (et à elle-même). Cela est angoissant et potentiellement démoralisant (risque de dépression) lorsqu’on se rend compte qu’on perd pied avec la réalité. Les malades peuvent cacher leurs lacunes en répondant aux questions par des phrases « bateau » :

– Quel âge avez-vous?

-J’ai… heu… Enfin je suis née en 1931.

Cette réponse est typique des personnes atteintes par la maladie et qui cherchent à dissimuler leurs symtpômes, c’est-à-dire toutes. Même une personne en bonne santé qui ne trouve plus une réponse à une question aussi facile et évidente, esquive pour ne pas montrer sa faiblesse.

Symptômes Alzheimer :stade 2

Cette fois-ci, on parle de phase d’état. L’état général s’aggrave avec des troubles mnésiques rétrogrades (souvenirs anciens). C’est pourquoi malgré la démence, beaucoup de malades d’Alzheimer vous parleront avec une précision déconcertante de leur enfance… C’est plus ou moins la seule période de leur vie qui reste présente à leur esprit.

Le second symptôme à ce stade de la maldie est la désorientation temporo-spatiale (désorientation dans le temps et dans l’espace). Ce problème est aggravé par l‘inversion du rythme nycthéméral (inversion du rythme jour/nuit : sommeil le jour, activité la nuit, souvent déambulation la nuit) qui est typique de la maladie d’Alzheimer.

A ce stade, le malade se perd dans les couloirs, s’habille en débardeur au mois de janvier, part à la boulangerie à 23h… Les troubles cognitifs apparaissent eux aussi, avec la difficulté de raisonner de manière adaptée : violence, colère, rires, pleurs…

C’est lors de la phase d’état qu’on peut déceler ce qu’on appelle les 3 « a ».

Les 3 « A » de la maladie d’Alzheimer :

  • A comme Aphasie : troubles de la parole (perte des mots, difficulté de prononciation, de compréhension)
  • A comme Apraxie : difficulté à faire les gestes correctement
  • A comme Agnosie : non reconnaissance des personnes, des endroits, des objets (voilà pourquoi les malades peuvent boire leur café avec une fourchette, non pas une cuillère)

Alors, la dépendance s’installe progressivement. La sécurité de la personne est fortement compromise.

Symptômes Alzheimer : stade 3

On parle de phase terminale. Globalement, tous les symptômes cités ci-dessus sont présents avec pour conséquence une dépendance totale :

  • impossibilité de se mouvoir (reste allongé ou assis avec une contention pour sa sécurité)
  • impossibilité de manger seul ni d’assurer ses autosoins (toilette…)
  • risques pour sa sécurité et celle des autres (la désorientation entraîne des comportements inadaptés, comme de marcher sur la route et peut rendre agressif à cause d’angoisses importantes)

Tout cela entraîne toute une chaîne de complications : escarres, bronchites, infections urinaires, déshydratation, dénutrition et toutes les complications liées à l’alitement, de la difficulté de s’alimenter, de s’hydrater…

Traitement

A ce jour, la maladie d’Alzheimer ne peut être guérie. Elle reste incurable même si les traitements préventifs montrent toujours plus d’efficacité. Il s’agit donc d’administrer un traitement médicamenteux dès les premiers signes de la maladie. Pour cela, la réactivité des proches est essentielle car c’est souvent eux qui encouragent à consulter un spécialiste. Selon l’évolution de la maladie et ses conséquences, il peut y avoir trois catégories de traitements :

  • traitement celui qui retarde l’évolution d’Alzheimer
  • traitement qui vient corriger les effets secondaires
  • traitement des symptômes consécutifs à la maladie d’Alzheimer (angoisse, agressivité…)

Soins infirmiers

L’infirmier fait essentiellement appel au rôle propre lors de la prise en charge d’un patient Alzheimer, avec un gros travail d’analyse et d’adaptation de l’attitude du soignant afin d’apaiser et de stimuler le patient. En effet, les deux axes principaux sont apaiser les angoisses et stimuler pour promouvoir le maintien de l’autonomie

Alzheimer : rôle propre de l’infirmière

D’elle-même, l’IDE applique plusieurs méthodes pour aider la personne atteinte de la maladie d’Alzheimer à conserver au maximum ses facultés cognitives et mnésiques. C’est finalement, une question d’analyse du comportement et du ressenti du patient, pour mieux adapter l’attitude du soignant, le but étant très souvent de diminuer l’angoisse du patient pour éviter son agressivité et favoriser sa participation aux soins :

  •  Pendant les autosoins, stimuler l’autonomie de la personne en l’invitant à faire les gestes par elle-même (toilette, habillage, transfert…) : il faut créer le déclic qui permette à la personne de retrouver le sens d’un outil (brosse à dents) sans pallier à tous ses gestes. Par exemple, faire le premier geste du coiffage avec la personne, pour qu’elle se souvienne à nouveau. La laisser ensuite se coiffer seule.
  • Mettre en place des activités dites thérapeutiques : elles peuvent à la fois distraire, amuser et aider en faisant travailler la mémoire, le raisonnement. L’infirmière peut aussi apprendre à mieux connaître le patient qui se livre parfois lors de ces moments de détente.
  •  Surveiller la prise du traitement et ses effets secondaires afin d’adapter le traitement si possible
  •  Observer et noter l’évolution des troubles, mettre en place des actions adaptées ou en proposer (entretien avec un spécialiste, augmentation du traitement sédatif en cas d’agressivité (?), autant d’idées à suggérer au médecin)
  •  Rassurer le patient : le contact doit se faire en douceur, par exemple, ne toucher la personne que lorsqu’elle a établi un dialogue avec nous, pour éviter de lui faire peur. La délicatesse du soignant à toute son importance dans la réussite du soin et l’évitement de l’agressivité.
  • Lui expliquer les gestes qui vont être faits et trouver les paroles qui vont calmer l’angoisse… Bien sûr, toutes ces techniques relationnelles sont à adapter au cas par cas, et sont loin d’être évidentes car elles demandent au soignant de deviner des choses qui se passent dans l’esprit de la personne Alzheimer. Autrement dit, il faut une excellente intuition, une sorte de radar que seuls les personnes empathiques peuvent avoir !
  • En prévention : lorsqu’on suspecte que la maladie s’installe chez un patient, des symptômes sont à déceler. Le soignant en gériatrie comme ailleurs, doit reconnaître des débuts de la maladie, très bien cachés parfois… D’autant plus que la personne Alzheimer dissimule ses troubles, par peur / déni vis à vis de la perte de mémoire ou par honte vis à vis du regard des autres.

Les activités thérapeutiques

Les activités thérapeutiques proposées à un patient Alzheimer peuvent être de diverses natures, adaptées au goût des personnes et à leurs capacités/besoins. Rompre l’isolement fait partie des objectifs du soin, car l’isolement est souvent important dans cette maladie. Maintenir des liens avec autrui à travers un jeu par exemple, permet de rester ancré dans la réalité (et non pas dans d’anciens souvenirs), de garder un rythme de vie normal (retarder l’inversion du rythme nycthéméral).

Les jeux de cartes offrent un cadre convivial et font travailler le raisonnement (stratégie) et la mémoire (se souvenir des cartes des autres joueurs etc.). Le fait de jouer en petits groupes permet de conserver une sociabilité sans créer d’angoisse : le patient peut se sentir angoissé en présence de personnes qu’il ne connaît pas, mal à l’aise par rapport à ses troubles lorsqu’il en a conscience.

Les activités doivent être actives, côté soignant comme patient :

  • le soignant doit veiller à ce que le malade soit dans une bonne dynamique pour stimuler ses fonctions cognitives et mnésiques, doit le guider dans cette optique.
  • le patient doit participer activement, avoir envie de faire l’activité, y trouver un sens et progresser dans son travail de mémoire, de gestion d’angoisse ou d’agressivité

Le rôle sur prescription

A l’heure où je vous parle, il n’y a qu’un traitement contre Alzheimer proprement dit, bien qu’il ne guérisse pas. Il permet de retarder l’évolution de la maladie. Ce sont les anticholinestérasiques. Les quoi ?? 😀 Hé oui, il va falloir retenir ce mot barbare si vous travaillez auprès des personnes Alzheimer, même rarement.

Cependant, d’autres médicaments peuvent être administrés pour réduire certains symptômes :

  • des neuroleptiques contre une forte agressivité
  • des anxiolytiques contre les angoisses…

Il s’agit également de réduire ou d’empêcher les effets secondaires : neurologiques (hallucinations, vertiges, céphalées, fatigue, confusion, syndromes parkinsoniens, vertiges), digestifs (diarrhées, vomissements), urinaires (incontinence), cardiaques (syncope, troubles du rythme cardiaque)… Le rôle sur prescription de l’infirmière consiste donc à administrer les médicaments en lien avec la maladie directement ou en lien avec les effets secondaires qu’elle entraîne.

Pour en savoir plus sur les effets secondaires des anticholinestérasiques.

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