Ablation de sonde urinaire – soins infirmiers

Si ce geste est beaucoup appréhendé par les patients, il l’est aussi par les soignants qui débutent. Mais en réalité, c’est un soin simple auquel il faut tout de même être vigilant. Il  ne doit pas être douloureux en l’absence de pathologie ou de chirurgie. En revanche, les précautions d’hygiène doivent être au coeur des préoccupations.

Comprendre l’ablation de sonde urinaire

Avant de retirer la sonde urinaire, il est nécessaire de comprendre son fonctionnement. D’ailleurs, le fait d’expliquer le mécanisme brièvement aux patients leur permet de comprendre comment la sonde peut être ôtée sans douleur. Cela les rassure, ils sont moins tendus et ont moins mal. Trop d’infirmières ne prennent pas le temps d’expliquer comment ça fonctionne, si bien que l’angoisse des patients est disproportionnée.

L’extrémité de la sonde qui est logée dans la vessie tient en place grâce à un ballonnet qui est gonflé avec de l’eau lors de la pose de la sonde : grâce à une seringue, l’infirmière injecte 10 à 20 cc d’eau par un orifice prévu pour. Une fois gonflé, il empêche la sonde de redescendre. Il suffit de dégonfler le ballonnet pour que la sonde s’en aille sans résistance.

La préparation du matériel

Vous aurez préalablement suivi les règles d’hygiène de base qui précèdent tous soins : lavage des mains notamment.

  • Installez le sac poubelle, une alaise, ainsi que le linge pour toilette intime
  • Posez l’alaise sous les fesses de la personne pour protéger les draps, et expliquez lui le soin
  • Ouvrez l’emballage d’une seringue de 20 cc minimum (sans la déstériliser)
  • Ouvrez un paquet de compresses que vous imbibez de Dakin (ou autre produit antiseptique selon protocole de services).

La technique de l’ablation de sonde urinaire

  • Videz la poche de la sonde urinaire sans oublier de noter les éléments si besoin (diurèse, aspect des urines)
  • Commencez par une toilette intime
  • Après avoir lavé vos mains et mis des gants à usage unique, procédez au nettoyage si le patient ne peut le faire seul (voir la toilette intime)
  • Réalisez l’antisepsie à l’aide de compresses imbibées de Dakin : nettoyez le contour de la sonde au niveau de la vulve ou de la verge. Jetez les compresses.
  • A l’aide de la seringue, aspirez l’eau contenue dans le ballonnet via l’emplacement prévu à cet effet (en rouge dans le photo) : vous êtes sûr qu’il est vide dès lors que vous ne parvenez plus à aspirer d’eau et que le piston résiste sous la pression de l’air
  • Demandez au patient (surtout si risque de douleur) de prendre une inspiration profonde et de soufflez tout aussi longuement. Pendant qu’il expire, tirer sur la sonde délicatement mais suffisamment rapidement pour ce que le soin ne s’éternise pas ! Le but étant d’être rapide sans faire mal.
  • Demandez au patient de sonner lorsqu’il a envie d’uriner afin de lui présenter le bassin qui permet de vérifier l’aspect des urines avant de permettre au patient d’aller aux toilettes normalement.

Une sonde difficile à enlever peut s’expliquer par un problème de coagulation sanguine ou un obstacle (tumeur?) : dans tous les cas, il ne faut pas forcer et vérifier que le ballonnet est bien dégonflé. Si la résistance perdure, contactez le médecin.

Evacuation des déchets

Après avoir ôté la sonde, posez l’extrémité qui était dans la vessie, dans le sac poubelle puis jetez l’ensemble de la sonde y compris la poche de recueil des urines, dans le sac poubelle. Finissez de ranger vos déchets, votre matériel.