Processus de cicatrisation


L'infirmier est quotidiennement confronté au phénomène de cicatrisation : éviter l'infection, l'hémorragie, favoriser et accélérer la cicatrisation... Des objectifs qui peuvent être atteints lorsqu'on comprend le processus de cicatrisation et ses enjeux.

La cicatrisation, concrètement c'est quoi ?

Lorsqu'une plaie est formée, suite à un traumatisme, un soin une intervention chirurgicale, l'organisme lance un processus de cicatrisation qui vise à combler la brèche. La cicatrisation se déroule en plusieurs étapes, au cours desquelles l'infirmier peut agir différemment.

1ère étape : phase de réaction

Durée : de 2 à 4 jours

La phase de réaction se divise elle-même en 2 étapes, mais retenez surtout qu'elle correspond à ce qui se passe avant la formation de la croûte.

Phase hémorragique ou phase de purge

Afin d'éviter que la plaie ne s'étende, un saignement a lieu, permettant la formation d'un caillot sanguin. C'est ce caillot qui contient tous les éléments figurés nécessaires à la formation de la future "croûte" (mais pas en phase 1). Le saignement s'arrête le plus souvent, spontanément, grâce au processus d'hémostase. Si tel n'est pas le cas, on effectue une compression ou un pansement compressif.

Phase inflammatoire

L'inflammation s'explique ici par la nécessité de nettoyer la plaie des micro-organismes qui ont pu y pénétrer lorsqu'elle était ouverte. Grâce à la vasodilatation responsable des signes inflammatoires (rougeur, chaleur, oedème, douleur), l'organisme compense la fragilité liée à la blessure : vaisseaux lésés, risque d'infection...

Au cours du stade inflammatoire du processus de cicatrisation le corps détruit de lui-même les germes et les cellules mortes grâce à l'intervention des macrophages (globules blancs). Ils sécrètent également des facteurs de croissance qui favorisent la cicatrisation. Les macrophages joueront d'autres rôles importants dans l'étape suivante.

Pour en savoir plus sur le processus de l'inflammation.

En résumé : la 1ère phase se compose du saignement et de l'arrêt du saignement, avec un rôle important de nettoyage de la plaie en parallèle.

2ème étape : phase de régénération / prolifération / fibroblastique

Durée : de 10 à 15 jours

C'est au cours de cette phase que la peau est réparée, en créant à un bourgeon charnu ou tissu de granulation. Il s'agit de la transformation de la plaie vers l'état de "croûte".

Ce sont les macrophages qui font la plus grosse partie du job :
  • les macrophages appellent au secours les fibroblastes pour :
    • former le collagène qui va lui même permettre la formation du tissu de granulation (avant la formation de croûte), qui est humide. Si on met un pansement directement sur le tissu de granulation, il va coller et lorsqu'on enlève le pansement on arrache tout ! Il faut donc bien sécher la plaie avant de poser le pansement.
    • permettent un milieu humide nécessaire à la cicatrisation
    • former des myofibroblaste (pour rappel, myo= muscle), qui permettent la contraction de la plaie
  • les macrophages produisent de nouveaux vaisseaux sanguins qui vont permettre de nourrir le nouveau derme
En résumé : la 2ème phase consiste à former la croûte qui va rester quelques jours puis s'enlever spontanément. On peut parfois accélérer le "décrochage" de la croûte en la badigeonnant de vaseline stérile. Cette croûte donne forme à une nouvelle peau, débord toute fine et fragile.

3ème étape : phase de maturation / remodelage

Ce nouveau derme, tout neuf, tout fragile, a besoin de temps pour retrouver une consistance similaire à la peau en circonférence. Pendant cette étape du processus de cicatrisation, les acteurs principaux sont toujours les fibroblastes et les macrophages qui vont affiner leur précédent travail :
  • dégradation des vaisseaux sanguins en excès
  • amélioration / renfort du collagène qui devient plus résistant, presqu'autant que la peau en circonférence
En effet, les cicatrices restent plus fragiles que la peau n'ayant jamais été lésée. En résumé : la phase de maturation consiste à consolider le nouveau derme, pour qu'il devienne aussi fort et qu'il se fonde (souvent de manière invisible, sans cicatrice) au reste de la peau. Cette étape dure plusieurs mois, même si cela ne se voit pas toujours. Parfois, elle met 2 ans à arriver à terme !

Optimiser la cicatrisation en soins infirmiers

Pour que la cicatrisation ait lieu, plusieurs conditions doivent être réunies. L'infirmier veille donc à ce que les conditions suivantes soient présentes :
  • Milieu humide mais trop ! On estime en effet que pour que la cicatrisation se fasse, il faut un minimum d'humidité, apportée d'ailleurs par l'organisme de manière naturelle lorsqu'une plaie apparaît. Mais s'il y a trop d'humidité, la plaie risque de macérer (pas très glamour, hein ? :-)) et donc de ne pas cicatriser voire de favoriser une infection. C'est pour ça aussi, qu'il est important de :
    • sécher un minimum la plaie ou de la laisser sécher avant de l'enfermer sous un pansement.
    • changer le pansement suffisament souvent mais trop non plus, car il faut laisser la plaie évoluer naturellement. On change le pansement s'il est humide ou souillé par exemple et en respectant les prescriptions / protocoles de services
  • Absence de germes : il faut évidemment, éviter l'infection qui retardait la cicatrisation en plus de risquer une septicémie. On procède donc à tous les soins d'hygiène et d'antiseptie nécessaire
  • Présence trop importante de fibrine (dans le cas d'un escarre) qui gêne le bon déroulement du processus de cicatrisation : on peut alors enlever la fibrine à l'aide d'une pince et d'un scalpel.

Pour tout soin infirmier, appliquez les règles essentielles à savoir :

  • Vérifier la prescription médicale, l'identité du patient, les contre-indications éventuelles
  • L'intégrité du matériel, sa date de péremption
  • Les règles d'hygiène élémentaires (lavage des mains, ports des gants, asepsie...)
  • Lisez les transmissions avant le soin et faites vos transmissions après.

  • Partage, sois pas radin !