Choc septique - De la septicémie au choc septique, il n'y a qu'un pas.


Les infirmiers passent une bonne partie de leur temps à "surveiller" l'état des patients. C'est finalement, un véritable état d'esprit. L'infirmier est comme un détecteur d'incendie qui n'attend qu'une chose, réagir en cas de signes d'urgence. Parmi ces urgences, le choc septique.

Définition du choc septique

Dans le milieu médical, lorsqu'on parle d'état de choc, on parle d'un état grave, d'une détresse physique pouvant engendrer la mort. Il y a plusieurs causes et plusieurs sortes de chocs. Le choc septique fait référence à un état de choc infectieux, faisant suite à une septicémie.

Septicémie, sepsis ou choc septique ?

La définition de la septicémie ou sepsis est sans équivoque : c'est la présence de bactéries dans le sang, provoquée par une infection plus localisée (infection urinaire, infection cutanée...) et pouvant passer inaperçue. Lorsque le sang est infecté, il peut entraîner un choc septique.

Il s'agit donc de 2 états bien différents, à prendre au sérieux et à traiter immédiatement.

Les symptômes de la septicémie sont :
  • hyperthermie (fièvre) élevée
  • frissons
  • purpura (taches violettes provoquées par de petites hémorragies sous-cutanées)
  • infection localisée parfois passée inaperçue
  • teint gris
  • hypotension artérielle (tension sous la norme)
  • tachycardie (pulsations cardiaques élevées)
  • fatigue, asthénie voire malaise
  • dyspnée (difficulté à respirer)
  • extrémités froides et violettes
  • splénomégalie (rate de gros volume)

Symptômes du choc septique

Le choc septique présente les mêmes signes que la septicémie (tous ou quelques-uns) auxquels s'ajoutent les symptômes suivants :
  • signes de la septicémie mais aggravés
    • hyperthermie : on mesure la température (hyperthermie forte, à 40 ou plus) : c'est le signe spécifique qui fait penser au choc septique.
    • les symptômes suivants sont propres à tout état de choc :
      • polypnée : on mesure la fréquence respiratoire
      • hypoxémie : on mesure la saturation (saturation en oxygène inférieure à 90%), on pose de l'oxygène
      • hypotension : on prend la tension artérielle (souvent inférieure à 9)
      • tachycardie ou bradycardie : on mesure le pouls (souvent supérieur à 110), souvent à peine perceptible au poignet (prendre à la carotide ou en fémoral)
      • cyanose / marbrures : coloration violacée des extrémités du corps, des lèvres, ou même des genoux, causée par l'hypoxémie
    • oligurie (diminution de la quantité d'urine)
    • malaise : du simple vertige au coma, en passant par l'obnubilation, l'agitation
Il faut alors vite agir en mettant en place le protocole d'urgences.

Causes du choc septique

Le choc septique est provoqué par une infection bactérienne, avec toutes les possibilités de foyers :
  • infection urinaire (pouvant passer inaperçue)
  • infection pulmonaire (pneumopathie)
  • infection cutanée (ulcère, escarre...)
  • infection utérine (de l'utérus), complication d'avortement ou de curetage)
  • infection dentaire
  • colique néphrétique

Mécanismes physiopathologiques du choc septique

Lorsqu'une bactérie s'incruste dans le système de circulation veineuse, une chaîne de réactions provoque le choc septique :
  1. La lyse bactérienne : lorsque les bactéries sont détruites tant bien que mal par l'organisme, elles libèrent des toxines qui à leur tour détruisent les cellules de la paroi interne du vaisseau sanguin
  2. Les vaisseaux sanguins se dilatent (vasodilatation) puis les veinules et les artérioles présentent des spasmes, ce qui bloque le sang au niveau pulmonaire, digestif et cérébral. Cette vasodilatation entraîne une chute de la tension artérielle (inférieure à 9, avec des résultats parfois alarmants à 6... 5...
  3. Cela entraîne une hypoxémie (elle même à l'origine de la polypnée, de la tachycardie)
  4. Une acidose apparaît du fait de la difficulté de la circulation sanguine à évacuer les toxines, trop nombreuses et à cause de la stagnation du sang.

Diagnostic & évolutions et actions IDE

Parfois, souvent même, le choc septique ne se présente pas avec tous ses symptômes mais seulement quelques-uns. Néanmoins, l'équipe devrait rapidement suspecter un choc d'origine infectieuse en prenant les constantes. On scope le patient et on relève donc toutes les constantes pour constater les symptômes cités plus haut.

Traitement & soins d'urgences du choc septique

D'une part, le traitement consiste à compenser l'état de choc, avec des traitements qu'on utilise pas seulement pour l'état de choc mais pour tous les états de choc, comme :
  • pose d'un accès veineux par l'infirmier (souvent du sérum physiologique)
  • injection de dopamine par le médecin : contrecarrer la vasodilatation à l'origine de l'hypotension et de l'état de choc donc
  • administration d'O² au masque à haute concentration ou aux lunettes : on adapte l'oxygénothérapie selon la saturation
  • soins et traitements spécifiques au choc septique :
    • antiobiothérapie par IV à large spectre (capable de tuer un maximum de bactéries)

Pour tout soin infirmier, appliquez les règles essentielles à savoir :

  • - Vérifier la prescription médicale, l'identité du patient, les contre-indications éventuelles
  • - L'intégrité du matériel, sa date de péremption
  • - Les règles d'hygiène élémentaires (lavage des mains, ports des gants, asepsie...)
  • - Lisez les transmissions avant le soin et faites vos transmissions après.

  • Partage, sois pas radin !

    
    

    Contenus similaires ici ou ailleurs sur le web